Une médiumnité évolutive

Quand plus tard, elle s’oriente vers la médecine, sa médiumnité va s’exprimer d’une nouvelle manière, en lui permettant de sentir la pathologie des patients qu’elle rencontre Ainsi, un jour elle demande qu’on surveille une jeune accouchée parce qu’elle craint une hémorragie. Le professeur de médecine la remet à sa place et lui demande de garder pour elle ses fantasmes_; quelques heures plus tard, la jeune femme est victime de l’hémorragie annoncée par Françoise. Cet événement, reconnaît-elle, aujourd’hui, a déclenché comme un signal dans sa tête. Elle a finalement réalisé ce jour-là, compte tenu sans doute de tout ce qui lui était déjà arrivé, qu’elle n’avait pas les mêmes perceptions que les autres…

Mais, comme cela arrive parfois, cette qualité de médium lui paraît lourde à porter, trop lourde à assumer. Elle cherche à l’occulter. « J’avais l’impression que les gens étaient transparents devant moi. Je savais comment ils allaient réagir, je voyais des chiffres, des événements qui allaient se produire. C’était vraiment très dérangeant. » Ce qui ne l’empêche pas, malgré tout, dans ses activités professionnelles, de bénéficier parfois d’intuitions utiles. Cette occultation durera jusqu’à la naissance de son fils, qu’elle avait d’ailleurs prévu bien longtemps avant, ainsi que son arrivée en prématuré.

Après son hospitalisation, ses facultés médiumniques connaissent un nouveau développement. Mais elle ne pratique pas, elle conserve tout par-devers elle. Son inactivité forcée pendant des mois à l’hôpital lui permet de réfléchir à la direction qu’elle va donner à sa vie mais aussi à cette faculté qu’elle porte en elle. Françoise prend vraiment conscience de la force qu’elle représente en elle et qui, si elle l’avait écouté, lui aurait permis d’éviter ce terrible accident et surtout les suites qui en découlent. Elle sent les choses bouger au sein de l’hôpital. Quand son voisin de chambre avec lequel elle s’est un peu liée au fil des mois, sort de l’hôpital elle s’inquiète très vite pour lui… Quelques jours plus tard, elle apprend que ce jeune homme de vingt ans n’a pas supporté de vivre avec une jambe amputée.

 

CLAIRAUDIENCE

Après cette période, elle devient clairaudiente, entendant les entités comme elle nous entend, remarque-t-elle. Allan Kardec se manifestera à cette époque et lui dictera de nombreux messages pour l’aider à évoluer. Il lui dira ou plutôt lui confirmera qu’elle est une authentique médium et lui annoncera même qu’elle aura aussi plus tard la possibilité de soigner professionnellement, ce qui est le cas maintenant.

Elle sera en contact aussi avec Victor Hugo. Elle reconnaît qu’elle n’a pas cherché à trouver des corrélations, faute de temps, de moyens et parce qu’aussi, il lui avait été demandé par Kardec lui-même de garder toujours la foi dans son travail de médium. Tout ce travail qu’elle faisait, il lui paraissait difficile en même temps qu’elle le réalisait de le remettre en cause. Elle a donc pris les messages de Cyril Collard, le jeune cinéaste, d’Ayrton Senna, le coureur automobile, de Jacqueline Kennedy ou même de Sarah Bernard, et d’autres personnages connus, pour ce qui lui était donné.

De même que les messages d’une aïeule du prince Michel de Grèce qui concernaient ce dernier. Messages toutefois, que ce dernier a confirmé, après qu’elle les lui ait envoyés, qu’ils le concernaient effectivement.

Des vérifications ont pu être établies également en ce qui concerne Ayrton Senna dont elle avait vu l’accident à la télévision et avec lequel elle s’était sentie tout de suite « en vibrations ». Les détails techniques qu’il donnait en effet dans le premier de ses messages, dès le lendemain de sa mort au Grand Prix de Saint-Marin (1994) sur le circuit d’lmola, puis dans les messages suivants, concernant les circonstances de son accident (notamment la précision d’une « soudure défaillante) ont été confirmés dans la presse quelque six mois après. Ayrton Senna avait annoncé aussi que l’écurie Williams-Renault aurait de gros ennuis juridiques après cet accident, ce qui s’est réalisé également.

Enfin, même pour Victor Hugo, il y aurait finalement une précision intéressante à donner. Le poète a fourni en effet l’adresse de son arrière-petits-fils, bijoutier de son état qui habitait à Aix-en-Provence comme Françoise, ceci expliquant peut-être cela. Des rapports téléphoniques furent établis d’ailleurs avec ce dernier.

Ces précisions même fragmentaires donnent à l’ensemble de ces contacts une présomption favorable de réalité (même si la qualité des signataires incite à être prudent, comme on s’en doute_!) que chacun de toute façon est à même d’apprécier pour son compte.

Françoise a donc fait beaucoup d’écriture automatique. Parfois, au début, la nuit à l’insu de son mari, jusqu’à ce que celui-ci découvre par hasard les cahiers où elle couchait ce qu’elle recevait ce qui amène évidemment une explication de sa part. En fait, Jean-Claude, son conjoint, bien que tout à fait étranger à la médiumnité, n’est pas si étonné de ce qu’elle lui explique. Il avait déjà remarqué, note-t-il, à diverses reprises des réactions un peu étonnantes chez sa femme. De toute façon pour lui, aujourd’hui, ce genre de phénomènes lui paraît tout fait crédible. Homme de terrain réaliste, il avoue que maintenant le mot cartésien perdu beaucoup de sa signification. Grâce à Françoise, en effet, il a pu entrer en contact avec son père. Tous les détails familiers et familiaux qu’elle lui a transmis sur cette époque de sa jeunesse en Algérie sont d’une précision indiscutable. Certains déjà oubliés se sont rappelés ainsi à sa mémoire et à celle de sa mère. Ce qui exclut donc toute hypothèse de transmission de pensée. Par écriture automatique, il a eu aussi un contact avec la jeune fille qui avait été tuée à ses côtés d’une rafale d’arme automatique et qui a décrit ce qui s’était passé. Moment particulièrement émouvant pour lui, qu’il avait pratiquement occulté, explique-t-il, et dont lui seul (sur terre_!) aurait pu se rappeler encore toutes les circonstances. Certains de ses amis ont fait, ajoute-t-il, des constatations similaires après avoir rencontré Françoise.

Pour Françoise cette période sera un peu difficile. Sa médiumnité est là forte, efficace, sans conteste, mais à laquelle elle ne peut encore donner aucune réelle perspective. C’est finalement un temps préparatoire qui va prendre fin avec son déménagement et son retour au pays. Depuis deux ans d’ailleurs, faute de temps, ces messages par écriture, automatique ou intuitive, se sont faits beaucoup plus rares.