Son premier parcours

Si Françoise Flamant est née à Amiens voici cinquante ans, elle confie qu’elle s’est toujours sentie comme quelqu’un de beaucoup plus vieux que son âge, comme si elle avait « mille ans » ajoute-t-elle en souriant, ce qu’elle fait d’ailleurs facilement. Son père étant ingénieur des travaux publics à l’étranger, elle a passé une grande partie de son enfance en Afrique. Elle a vécu ainsi au Sénégal, en Guinée, souvent en pleine brousse en contact étroit avec la nature, les animaux et les fleurs. Sa mère, infirmière de profession, soignait les indigènes et aussi le cas échéant les animaux. Vivant en osmose avec la population, Françoise allait à l’école du village.

Lorsqu’elle revient en France, à l’âge de dix ans, elle parle quatre dialectes qu’elle oublie très vite. L’adaptation n’est pas facile. Elle a du mal en particulier à suivre des horaires réguliers et stricts. Habituée à un cadre plus agreste, plus agréable, l’école en France l’ennuie.

Cela ne l’empêchera pas de poursuivre ses études. Elle s’oriente vers la médecine, bifurque vers la kinésithérapie. Elle ne termine pas ses études parce qu’elle se marie avec un kinésithérapeute et part vivre en Dordogne où elle travaille en vendant des maisons individuelles. C’est à cette époque qu’elle est victime d’un grave accident. Pour faire son métier, elle roule, en effet, beaucoup en voiture. Dès qu’elle prend possession de son nouveau véhicule, elle a le sentiment très fort qu’elle va avoir un accident. Quelques semaines plus tard, n’ayant pas fait confiance à son intuition, l’accident survient, l’immobilisant avec neuf fractures. Pendant deux ans et demi elle subira cinq interventions ainsi que des rééducations en domaine hospitalier. Cette expérience douloureuse et si longue l’a-t-elle fait mûrir_? Certainement, comme on le verra plus tard. Toujours est-il qu’elle divorce quelque temps plus après. Elle quitte la région avec son fils et va travailler dans le marketing, d’abord à Toulouse où elle reste trois ans, puis à Nice. Elle rencontre alors par hasard (mais encore une fois y a-t-il un hasard) dans la rue, son futur mari. Et chose assez incroyable pour n’importe qui, dès qu’elle le voit elle a le sentiment immédiat qu’il s’agit de son futur conjoint. Depuis ce jour, ils ne se sont jamais quittés. En fait, lui et elle travaillaient dans la même société mais non dans la même région, c’est pourquoi ils ne se connaissaient pas encore. Le soir même de leur rencontre, elle l’a prévenu, ce qui n’est pas banal, qu’ils se marieraient, ce qui est arrivé, quelques années plus tard. Leur activité se situe dans le monde de la radio et de la communication. Domaine sujet aux fluctuations politiques entre autres, dit-elle, qui les amène à poser leur sac, contraints au chômage. Françoise, qui n’est pas à cours de ressources enseigne la Communication à l’École supérieure de Commerce pour former des jeunes élèves, avec le concours de son Troisième œil, les motivant au succès.