2003 : le départ

 

Durant les six années qui ont suivi cet entretien, Françoise a continué son travail dans la région amiénoise, connaissant une audience de plus en plus grande qui allait jusque dans les administrations de la police et de la justice et même dans le clergé. Sa verve, sa bonne humeur, son rire, sa disponibilité, toutes ces qualités la rendaient attachante à beaucoup.

Son départ nous a tous surpris, encore que les dernières nouvelles sur sa santé n’étaient pas fameuses. Tout avait commencé aux Journées de la survivance, à Amiens, en mars 2002. L’après-midi, elle n’avait pas pu assurer les expériences médiumniques, tant elle était fatiguée de sa matinée.

Déjà, depuis des mois, je lui conseillais de freiner un peu ses activités, mais il y avait tant à faire, tant de demandes à satisfaire qu’elle avait bien du mal à s’arrêter, à prendre soin un peu plus d’elle Quelques semaines plus tard à la suite d’examens approfondis, il se révélait que le cancer avait atteint la vésicule biliaire, le foie et le pancréas. Une opération de 12 heures devait lui redonner espoir. Et pendant plusieurs mois, on a cru, avec elle, qu’elle allait surmonter le mal.

À Lyon, un an plus tard, elle apparut marquée par la maladie, mais pour rien au monde, elle n’aurait voulu manquer cette rencontre. Elle officia normalement, mais il lui fallut huit jours pour s’en remettre. Quand elle m’en fit la confidence, je commençais à craindre le pire. Une nouvelle opération de 3 heures, qu’elle garda secrète, confirma quelques métastases.

Elle ne se plaignait pas, mais elle avouait que tout cela était très douloureux, avec une grande dignité. Elle l’affrontait avec courage et faisait encore des projets. Jusqu’au dernier moment sa médiumnité fonctionna. Une nouvelle opération confirma que le combat était perdu. Et tout alla ensuite très vite. Le 14 août 2003 à 16 heures, notre amie Françoise Flamant nous quittait.

Le jour de ses funérailles dans l’Église Saint-Jacques, rue Flamant, ils étaient près de cinq cents ceux qui avaient tenu à lui rendre un dernier hommage. Ils ne faisaient pas de la figuration, ils avaient voulu dire un dernier au revoir à celle qu’ils considéraient comme leur amie, celle à qui on pouvait confier beaucoup de choses, à qui l’on pouvait demander conseil.

Quelques jours plus tard, le guide d’une amie médium, Eva Arlandis, lui a expliqué : « qu’ayant vécu pour donner de l’amour aux autres ici-bas, elle a trouvé un destin de douceur là-haut ». Qui pouvait en être étonné ?

Très rapidement (moins d’un mois après son départ, ce qui est rarissisme) elle donnait un premier message à une autre amie médium, Michèle Lazès, à laquelle elle disait au début de son message d’une vingtaine de lignes: « Je suis une ouvrière de l’amour, ouvrière au sens d‘ouvrir une image que nul ne voit, qui joue le rôle d’ouvrir les cœurs fermés, les cœurs isolés, les cœurs abîmés. » Un autre message fut donné le 11 octobre 2003 à Mauricette Deconinck où elle disait: « L’Au-delà est comme tu le sais un monde merveilleux, un monde d’amour. Laisse-toi imprégner de toutes ces vibrations. La mort ne fut pas une souffrance et le départ fut facile, le départ fut heureux.Je suis heureuse, je suis toujours à vos côtés. Je continue ma mission, je vous aide, je vous aime.Tout est tellement beau tout est tellement vrai. »

En lisant ce message qui fut publié dans la Revue de l’Au-delà de décembre 2003 (N° 75), personne ne pouvait soupçonner (et moi pas davantage!), bien que nous connaissions ses qualités médiumniques quand elle vivait avec nous, qu’elle donnerait bientôt, régulièrement, des messages à la Terre. Sa nouvelle mission commençait.

par Étienne Drapeau